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Désigné comme l'anime le plus populaire à Hongkong
(mais aussi le favori de beaucoup de fans), Tenku no Shiro Laputa
a tous les éléments du film miyazakien type: de forts
idéaux, une action trépidante, de jeunes héros
aux coeurs purs, une grande imagination, une splendide construction
narrative et... des machines volantes. A tout cela s'ajoute évidemment
la qualité de travail du studio Ghibli qui devrait finir par
convaincre qu'on a là un des plus beaux films d'aventure jamais
réalisés.
Quand l'on visionne Laputa, on est frappé par sa force polémique
(on y reviendra dans la deuxième page de cette analyse), mais
on est surtout impressionné de voir le brio et la délicatesse
dont fait preuve Miyazaki pour éviter que cet aspect prenne le
pas sur le spectacle. Car du point de vue du divertissement, le troisième
long-métrage de Miyazaki est une époustouflante réussite.
Miyazaki n'a pas son pareil pour raconter des histoires captivantes
et riches en émotions!
La structure narrative de Laputa se rapproche de celle d'un
roman d'aventure classique. Le rythme et la mise en scène parfaitement
maîtrisés, ainsi qu'un scénario d'une grande densité,
permettent au réalisateur de développer pleinement ses
idées, tout en abreuvant le spectateur de choses à voir
ou sur lesquelles méditer. Il n'y a pas dans Laputa de
scènes ou de personnages superflus. Tout est a sa place et contribue
à construire un monde cohérent et une structure sociale
que le spectateur accepte d'emblée.
Aucune des péripéties auxquelles nous assistons n'est
gratuite et ne vient alourdir la progression du récit. Chacune
participe au développement des personnages et de l'histoire.
Un histoire qui est racontée en jouant sur les temps forts: tantôt
effrénés, tantôt contemplatifs, ils sont enchaînés
de manière soutenue, ne laissant pas le temps au spectateur de
s'ennuyer. A peine avons-nous pu ressentir un peu de calme dans la communion
avec la nature (le réveil de Sheeta au milieu des colombes, le
spectacle silencieux des roches dans la mine, l'arrivée féerique
sur Laputa,...), qu'une folle poursuite nous entraîne un peu plus
loin dans le destin de nos héros. Commencent alors d'extraordinaires
scènes où les trains et voitures jouent les funambules
sur d'immenses viaducs, où les flapsters des pirates vrombissent
à une vitesse impressionnante et où Pazu brave la tempête
et les éclairs dans le planeur qui les mènera à
Laputa...
Il est difficile d'exprimer l'émerveillement que l'on peut ressentir
devant cet extraordinaire film, mélange d'action et d'onirisme,
de légèreté et de gravité. Ce grand moment
de cinéma ne peut être apprécié à
sa juste valeur que sur grand écran. Prions pour que Disney nous
fasse le bonheur de le proposer en salles avant la sortie en vidéo.
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